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	<title>Yadlayeled France &#187; 4- Discours</title>
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		<title>Discours d&#8217;Eliane Klein le 19 juillet 2009</title>
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		<pubDate>Tue, 21 Jul 2009 08:33:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yadlayeled</dc:creator>
				<category><![CDATA[4- Discours]]></category>

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		<description><![CDATA[Eliane Klein est membre de Yad Layeled France et représentante du CRIF pour la Région Centre
Ce discours a été prononcé le 19 juillet 2009 à l&#8217;occasion de la Journée nationale en hommage aux victimes des persécutions racitstes et antisémites et en hommage aux Justes parmi les Nations.  
&#171;&#160;Je dédie mes paroles, à l’otage franco-israélien Guilad Shalit, prisonnier [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Eliane Klein est membre de Yad Layeled France et représentante du CRIF pour la Région Centre<br />
Ce discours a été prononcé le 19 juillet 2009 à l&#8217;occasion de la Journée nationale en hommage aux victimes des persécutions racitstes et antisémites et en hommage aux Justes parmi les Nations.</strong>  <br />
<strong>&laquo;&nbsp;</strong>Je dédie mes paroles, à l’otage franco-israélien Guilad Shalit, prisonnier du mouvement terroriste  « Hamas » depuis plus de mille jours, sans que la Croix Rouge  et les autres organisations humanitaires aient obtenu un droit de visite.<br />
Guilad Shalit a été fait citoyen d’honneur de la Ville de Paris en décembre 2008.<br />
Je les dédie également à Ilan Halimi, sauvagement torturé et assassiné, en France, en 2006, au seul motif qu’il était Juif.<br />
A la mémoire de notre amie Yvette Kohler.</p>
<p>Depuis 16 ans déjà, j’ai eu l’honneur de m’exprimer ici lors de la cérémonie  nationale consacrée à la mémoire des victimes des persécutions racistes et antisémites- les Tziganes et les Juifs- commises sous l’autorité du gouvernement de Vichy et en hommage aux « Justes parmi les Nations », ces hommes et ces femmes qui ont sauvé des Juifs, en particulier des enfants , pendant l’occupation.<br />
C’est aussi l’occasion de rendre hommage aux Résistants français et étrangers, dont la détermination politique et le courage ont concouru à vaincre la menace totalitaire.<br />
Car, comme l’a dit Madame Simone Veil : « Face à la folie exterminatrice et face à l’horreur du système nazi, il y a eu l’amitié et l’humanité qui ont su résister. Ce sont les deux faces des êtres qui ont été mêlées à cette monstrueuse entreprise ».<br />
Je rends également hommage aux anciens déportés, aux derniers  témoins, aux enseignants, aux institutions et associations qui, tous, contribuent à l’édification de notre mémoire.<br />
Et, en particulier, dans notre Région, le CERCIL, dont le Crif Région Centre et la Communauté juive d’Orléans figurent parmi les membres fondateurs, participe à ce difficile, exigeant travail de Mémoire et d’Histoire.<br />
Certains, en France, se plaignent d’un « trop plein » de commémorations en y voyant une marque de complaisance, un geste sans signification, ou même, s’agissant de la Shoah, d’un signe d’ethnocentrisme des Juifs de France.<br />
Face à ces critiques, j’affirme la nécessité de ces moments de remémoration collective qui s’inscrivent dans la tradition juive nous enjoignant de nous souvenir et dans la tradition républicaine de la France, empreinte du souci de justice, de vérité et de respect de la personne humaine.<br />
La cérémonie qui se déroule chaque année autour du 16 juillet, a fait de cette Place de la République un lieu de Mémoire, un lieu pour se recueillir et réfléchir aux terribles évènements qui se sont produits si près d’ici, dans les camps de Pithiviers et Beaune La Rolande, après la rafle du Vel d’Hiv, les 16 et 17 juillet 1942 : plus de 8.000 Juifs parmi les 13.000 arrêtés,  dont plus de 4.000 enfants de 2 à 18 ans, y furent internés avant d’être envoyés, directement, ou via Drancy, dans le camp de la mort d’Auschwitz-Birkenau pour y être assassinés. Leur « crime » : être nés Juifs.<br />
Ce qui s’est passé là est l’un des épisodes les plus tragiques de notre Histoire : la collaboration du gouvernement de Vichy à un crime sans précédent, la SHOAH, une « césure dans l’histoire de la civilisation » (Hannah Arendt), l’anéantissement programmé de tout un peuple.<br />
Face à un tel évènement, il nous incombe, non pas de tourner la page, mais de mettre en lumière le « comment » et le « pourquoi » d’un tel désastre.<br />
Les témoignages et les nombreux travaux des historiens ont mis en lumière le rôle joué par le Régime de Vichy comme auxiliaire de la politique génocidaire des nazis. Toutes les mesures prises par ce Régime signèrent la faillite de la démocratie et d’une certaine idée de l’Homme.<br />
La Rafle du Vel d’Hiv fut le point culminant de la politique antisémite mise en œuvre par le gouvernement de Pétain dès le 3 octobre 1940, par les décrets dits « Statuts des Juifs », lois de ségrégation, d’exclusion, de spoliation et d’internement qui préfiguraient la tragédie de l’année 1942. Ces « Statuts »  indignes qui faisaient de mes parents des étrangers dans le pays qui les avait accueillis et leur avait accordé la citoyenneté française.<br />
Il convient de s’interroger sur le rôle joué par une grande partie des hauts fonctionnaires de Vichy, plus soucieux de leur carrière que de la portée de leurs actes, exécutant des ordres iniques,  sans oublier (occulter ?) l’immense zone grise de la bureaucratie, des corps intermédiaires et de tous ceux qui, par indifférence, lâcheté ou haine antisémite, se sont rendus complices de la barbarie.<br />
A l’heure où nous vivons des temps précipités, médiatiques, où une image chasse l’autre, des temps où l’ignorance et la malveillance conduisent à des dérives, des amalgames, des parallèles ineptes, il faut prendre le temps de l’étude rigoureuse et de la réflexion.</p>
<p>Réflexion sur les questions fondamentales que la Shoah et les génocides des 20ème et 21ème siècles posent à la conscience humaine.<br />
Comment un Etat moderne a-t-il pu basculer dans la barbarie ? Comment des Etats démocratiques ont-ils pu laisser faire ?<br />
Aujourd’hui encore, comment des Etats criminels peuvent-ils décider de qui est digne de vivre ou non ?<br />
Je pense aux déclarations incendiaires, violemment antisémites-négationnistes du président iranien, je pense aux massacres et génocides perpétrés depuis la Shoah : Cambodge, Bosnie, Rwanda, Darfour, etc. Ces quelques exemples corroborent la réflexion amère d’Elie Wiesel :  « Le monde n’a malheureusement pas tiré la « leçon » de la Shoah ».<br />
Les démocraties avaient mis en place des organismes internationaux, après la 2ème guerre mondiale, dans le but d’assurer la paix et la sécurité internationale.<br />
 Or, les principes fondateurs de l’Onu ont été bafoués, dans les mots et les actes, comme, par exemple, à Durban I (et II), ou  dans la candidature à la direction de l’Unesco d’un homme qui a proféré des propos antisémites indignes.<br />
Face à ce terrible constat, il nous appartient de  renforcer la culture démocratique contre la culture du crime, de promouvoir les valeurs universelles qui fondent la démocratie, car, comme l’a écrit l’historien Elie Barnavi, s’adressant aux citoyens européens : « Il y a la civilisation et il y a la barbarie, et entre les deux il n’y a pas de dialogue possible… Il faudra vous armer de patience et de conviction, il faudra défendre la laïcité sans laquelle il n’y a pas de démocratie possible… Il y va de la sauvegarde de vos valeurs, de vos libertés, de votre mode de vie. Bref, de l’avenir de vos enfants». <strong>&laquo;&nbsp;</strong></p>
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		<title>Discours d&#8217;Eliane Klein à Beaune La Rolande</title>
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		<pubDate>Wed, 20 May 2009 09:48:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yadlayeled</dc:creator>
				<category><![CDATA[4- Discours]]></category>

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		<description><![CDATA[Discours prononcé par Eliane Klein, responsable pédagogique de Yad Layeled France et responsable du Crif pour la Région Centre, à l’occasion de la cérémonie de commémoration qui s&#8217;est déroulée le 17 mai 2009  à Beaune La Rolande pour le 68e anniversaire de l’ouverture des camps d’internement du Loiret.  
&#171;&#160;Je dédie mes paroles à Guilad Shalit, toujours prisonnier du Hamas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Discours prononcé par Eliane Klein, responsable pédagogique de Yad Layeled France et responsable du Crif pour la Région Centre, à l’occasion de la cérémonie de commémoration qui s&#8217;est déroulée le 17 mai 2009  à Beaune La Rolande pour le 68e anniversaire de l’ouverture des camps d’internement du Loiret.  </p>
<p>&laquo;&nbsp;Je dédie mes paroles à Guilad Shalit, toujours prisonnier du Hamas et qu’aucune organisation humanitaire n’a pu visiter depuis bientôt 3 ans !</p>
<p>Cela fait maintenant 12 ans que je viens chaque année, en mai, à Beaune la Rolande et Pithiviers et je ne peux commencer sans évoquer ceux qui m’ont conseillé, encouragé, soutenu dans mon travail de Mémoire et d’Histoire, ceux qui, vivants ou disparus, restent à jamais pour moi, un modèle de courage, d’engagement, de générosité. Je parle de Zalman Brajer, d’Henry Bulawko  et de toutes celles et ceux qui ont consacré une grande partie de leur vie à témoigner, qui, face à la terrible obstination des nazis d’effacer toutes les traces de leurs crimes, ont répondu par leur formidable volonté de vivre, leur volonté d’œuvrer pour que la mémoire de la Shoah ne s’efface pas et soit transmise aux futures générations.<br />
Aussi, le geste que nous accomplissons ici, chaque année, en mai, s’inscrit dans notre volonté de ne pas figer la mémoire et de la banaliser en nous tenant aux formules compassionnelles, moralisatrices ou incantatoires, au sempiternel «  plus jamais ça » qui n’engagent à rien, qui sont souvent sources d’oubli ou de bonne conscience.<br />
Il s’agit, ici, d’une démarche qui nous oblige, un témoignage de notre fidélité et de notre dette envers ceux qui ont été assassinés, ont disparu, sans sépulture, sans cimetière où nous recueillir.<br />
Il s’agit de réfléchir sur ce crime unique, irréparable, perpétré sur le sol européen, meurtre de masse advenu dans le silence des nations, la Shoah, l’anéantissement  programmé de tout un peuple, d’une langue, d’une culture, avec la complicité active du  Régime de Vichy.<br />
A la source de notre réflexion, il y a l’impératif de la connaissance rigoureuse des faits, de leur chronologie, du cheminement idéologique qui a entrainé l’exclusion de presque tout un peuple, le peuple juif.<br />
Dans cette démarche, il ne s’agit pas de raisonner en termes de chiffres, mais de penser aux hommes, femmes et enfants qui ont été « interdits de vie ».<br />
Pour connaitre et transmettre cette Histoire – tout en sachant qu’il y aura toujours  quelque chose d’intransmissible dans le calvaire vécu dans les camps de la mort ou sous les balles des Einsatzgruppen-, il nous faut prendre le temps de l’écoute, de la lecture et de la réflexion.<br />
Ecouter la parole des derniers survivants, lire les récits, poèmes, chroniques, écrits avant et pendant la Shoah, est fondamental : c’est la « terrible obstination du témoignage face à la terrible obstination du crime »(Albert Camus).<br />
La voix des témoins-survivants  s’affaiblissant, le rôle des historiens est primordial aujourd’hui dans notre quête de sens.<br />
Leur travail s’oppose à la tendance à l’oubli, voire à la négation, car « en écrivant le passé, ils mettent des mots là où, jadis, le silence prévalait » (Georges Bensoussan). Ils soulignent la singularité de cette catastrophe où, contrairement aux massacres précédents, le projet démentiel fut d’aller chercher les juifs partout où ils se trouvaient, les convoyer jusqu’au lieu de leur assassinat et les réduire en cendres  pour effacer jusqu’à la trace de leur mort : la destruction des Juifs était un but en soi pour les nazis.<br />
Le récit historique nous fait appréhender cette terrible vérité : la barbarie a coexisté avec le progrès technique dans une nation civilisée de l’Europe du XXème siècle.<br />
Aussi se pose la question de  l’enseignement de la Shoah, au programme des CM2 en particulier.<br />
C’est une tâche difficile pour des enseignants dont l’une des missions est de transmettre des valeurs universelles fondées sur le respect de la dignité humaine.<br />
Comment évoquer l’horreur absolue sans traumatiser ni désespérer les élèves, mais en leur donnant des clés pour déchiffrer le passé et engager l’avenir pour  qu’ils deviennent  des citoyens au « cœur intelligent »(Hannah Arendt).<br />
Des Institutions ont mis en œuvre un travail de mémoire et d’Histoire exigeant et rigoureux : L’ historienne franco-israélienne, Michal Gans,  a conçu, pour  l’association Yad Layeled France,  en particulier, une mallette pédagogique pour les CM2 et le Collège, ayant pour principe de se situer dans une démarche historique, passant par le récit de destins d’enfants, soit survivants, soit assassinés. Il s’agit de susciter le questionnement et la curiosité des élèves et de les inciter à réfléchir sur le racisme et l’antisémitisme, phénomènes d’essence, de nature différentes, mais qui peuvent mener au pire quand ils sont instrumentalisés par des régimes totalitaires.<br />
Dans notre région, le CERCIL, Institution de Mémoire et d’Histoire, qui vient d’acquérir des outils très performants pour la consultation et la numérisation des archives, accomplit depuis  17 ans un travail exemplaire de recherche historique, de recueil de témoignages,  de recherche pour les familles,  de constitutions de fonds documentaires, de conférences, expositions, (vous pourrez visiter l’expo sur « les enfants dans les camps » au lycée) débats, colloques, présentations de films, de pièces de théâtre et publications d’ouvrages remarquables.<br />
A ce sujet, suivant en cela le chemin tracé par Serge Klarsfeld dans « Georgy », les derniers livres, véritables œuvres d’art, nourrissent notre imaginaire, notre connaissance et notre réflexion.<br />
Chaque année, le CERCIL présente un programme d’activités autour de thèmes spécifiques  en rapport avec la Shoah et propose également  une réflexion  sur le phénomène des génocides ( Cambodge) et autres tragédies ( l’histoire de la guerre d’Espagne et le sort des Républicains espagnols).<br />
En effet, le travail d’Histoire que je viens d’évoquer est une nécessité  absolue pour éclairer notre présent.<br />
Et, en particulier, à l’heure où nous assistons à des phénomènes préoccupants.<br />
Je pense  au « comparatisme échevelé »,  plus pervers que le négationnisme brutal, qui gomme la spécificité de la Shoah  en lui assimilant  des évènements passés ou actuels. Au nom de l’égalité de toutes les victimes, on banalise les heures les plus sombres de notre histoire. Pire, on établit un parallèle entre sionisme et nazisme. Je pense à des manifestations, en France,  où, sous prétexte de soutien à la « cause palestinienne », on a pu voir des banderoles portant l’inscription : « MORT AUX JUIFS » et la croix gammée accolée au drapeau de l’Etat d’Israël.».<br />
Ces paroles haineuses avaient déjà autorisé des actes antisémites – comment oublier la mise à mort du jeune Ilan Halimi en février 2006 par une bande auto-proclamée « gang des barbares », que certains médias ont fait passer pour un simple fait divers, faisant preuve d’un aveuglement inquiétant. L’obnubilation de la Shoah aurait-elle un effet pervers  sur certains, les rendant incapables de déchiffrer les calamités du temps présent ?<br />
Comment ne pas évoquer, ici, les inquiétantes  dérives observées lors de la Conférence dite de Durban II,  à Genève, même si le déchainement antisémite de Durban I  a été, dans une certaine mesure,  empêché (malgré les propos incendiaires du président iranien).<br />
Au nom d’un relativisme culturel, d’un particularisme fondé sur une interprétation intégriste de la religion, au nom d’un ressentiment, voire d’une haine de l’Occident- en particulier Israël- des Etats semi-dictatoriaux ou dictatoriaux, obscurantistes, corrompus, fanatiques, sexistes, esclavagistes pour  certains , se posent en victimes du racisme, et cela avec l’appui de pays « alliés » d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique latine : au sein même de l’Onu,  ces  Etats, véritables violateurs des DDH, portent atteinte à ce qui est au cœur-même de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme : l’UNIVERSALITE de ces Droits. C’est un véritable renversement des valeurs, où » comment des majorités automatiques pervertissent  les DROITS DE L’HOMME  (Georges Bensoussan).</p>
<p>Mais, cette fois, la plupart des Etats démocratiques ont bataillé dur et ont, en partie, obtenu gain de cause dans la déclaration finale.<br />
Le chemin est encore long pour que les valeurs universelles qui fondent la Démocratie soient reconnus et respectés.<br />
Face à ce défi, instruits par la connaissance du passé, nous ne pouvons pas nous dérober.&nbsp;&raquo;</p>
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		<title>Discours d&#8217;Eliane Klein-Journée en mémoire des victime des crimes antisémites et en hommage aux Justes.</title>
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		<pubDate>Mon, 21 Jul 2008 08:50:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yadlayeled</dc:creator>
				<category><![CDATA[4- Discours]]></category>

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		<description><![CDATA[Discours prononcé à Orléans le 20 juillet 2008. Eliane Klein est déléguée du Crif pour la Région Centre et  membre active de Yad Layeled France et du CERCIL. 
Nos pensées pour Guilad Shalit , citoyen franco-israélien, otage du Hamas depuis plus de 2 ans et qu’aucune organisation humanitaire n’a pu rencontrer. Nous espérons qu’il ne connaîtra [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Discours prononcé à Orléans le 20 juillet 2008. Eliane Klein est déléguée du Crif pour la Région Centre et  membre active de Yad Layeled France et du CERCIL</em>. </strong></p>
<p>Nos pensées pour Guilad Shalit , citoyen franco-israélien, otage du Hamas depuis plus de 2 ans et qu’aucune organisation humanitaire n’a pu rencontrer. Nous espérons qu’il ne connaîtra pas le sort des otages du Hezbollah.</p>
<p>En ce jour de commémoration officielle à la mémoire des victimes des crimes  antisémites et racistes de l’Etat français et en hommage aux Justes de France,  je voudrais évoquer ces mots du philosophe Vladimir Jankélévitch qui s’interrogeait sur la signification de cette cérémonie : « Quel rapport y a-t-il entre ce petit rassemblement de fidèles qui maintiennent à bout de bras un passé déjà presque oublié, et ces promeneurs que l’on croise dans la rue ? Les printemps succédant aux printemps finiront-ils par rendre l’horreur tout à fait irréelle ? »<br />
A cette question, je veux répondre que, face à l’oubli, face à la fragilité de la mémoire,  le geste que nous accomplissons ici, chaque année, est le signe de notre volonté de penser   à tous les  disparus, sans sépulture, et de penser aussi à toutes celles et ceux qui ont eu le courage de résister à l’entreprise totalitaire des nazis et de leurs complices, que ce soit par la résistance armée ou par tous les autres actes qui permirent de sauver des vies. Nous rendons hommage, en particulier, aujourd’hui, aux « Justes des Nations », ces hommes et ces femmes de toutes origines et de toutes conditions -souvent modestes- qui, en bravant les risques encourus pour sauver des Juifs, témoignent que les êtres humains ont d’autres options que la soumission à un régime criminel. A ces hommes et ces femmes, souvent anonymes ou inconnus, je dis : merci.<br />
Merci, aujourd’hui, à Mr et Mme Pajon, présents  parmi nous, qui viennent de recevoir la Médaille des Justes, décernée par l’Etat d’Israël. Ils rejoignent ainsi  plusieurs familles de notre Région qui ont reçu cette distinction.<br />
Notre geste s’inscrit non seulement dans la tradition juive nous enjoignant de nous souvenir, mais dans la tradition républicaine de la France, empreinte du souci de justice, de vérité et de respect de la personne humaine.<br />
Aussi, face à ceux pour qui il faut « tourner la page », je dis que la page doit être lue, apprise, comprise pour être transmise.<br />
Dans notre région, plusieurs Institutions participent, chacune à leur manière, à ce difficile, exigeant travail de mémoire et d’histoire.<br />
Ainsi, l’Association Yad Layeled France  a créé des outils pédagogiques spécifiques pour les élèves de CM2 et des Collèges, dans un double objectif : transmettre l’histoire de la Shoah aux enfants d’aujourd’hui et favoriser l’éducation à la citoyenneté et à la démocratie.<br />
A cet instant, je veux également insister sur mon attachement au CERCIL, cette Institution de Mémoire et d’Histoire, dédiée  aux Tziganes internés à Jargeau, et aux milliers de Juifs internés dans les camps de Pithiviers et Beaune la Rolande. Je remercie toutes les personnes qui, depuis  1991, consacrent leur énergie pour que la promesse faite lors de la création de ce Centre soit tenue, à savoir, être une « sentinelle de la mémoire », rappelant le sort  des hommes, femmes, enfants juifs envoyés à Auschwitz, via Drancy, pour y être assassinés. Je ne rappellerai pas ici le calvaire que ces Juifs étrangers ou français ont enduré, mais je rappellerai simplement quelques faits, rigoureusement établis par les nombreux témoignages et travaux d’historiens, mettant en lumière le rôle du Régime de Vichy comme auxiliaire de la politique génocidaire des nazis.<br />
La Rafle du Vel d’Hiv fut le point culminant de la politique antisémite mise en œuvre par le gouvernement de Pétain dès le 3 octobre 1940, par les décrets dits « statut des Juifs », lois de ségrégation, d’exclusion, de spoliation et d’internement, préfigurant la tragédie de l’année 1942. Toutes ces mesures, signant la faillite de la démocratie, ne provoquèrent que très peu de protestations, comme l’a souligné l’historien Michel Winock. Il convient de s’interroger sur le rôle joué par une grande partie des hauts fonctionnaires de Vichy, plus soucieux de leur carrière que la portée de leurs actes, exécutant des ordres iniques, sans états d’âme ;  et on ne peut, également, évacuer le rôle de la bureaucratie, des corps intermédiaires, de la presse « officielle », et de tous ceux qui, par indifférence ou haine antisémite se sont rendus coupables de petites ou grandes lâchetés.<br />
Ces interrogations s’inscrivent dans le travail de mémoire  et d’histoire que j’ai évoqué plus haut, travail exigeant, appelant à la réflexion sur les questions fondamentales que la Shoah et les génocides du 20ème siècle (et du 21ème…) posent à la conscience humaine.<br />
Comment en est-on arrivé là ? Quel cheminement idéologique a pu mener au crime de masse ? Comment de Etats démocratiques ont-ils pu consentir au pire ?<br />
« L’histoire du Régime de Vichy illustre cette fragilité de la Démocratie quand ses principes fondamentaux sont bafoués, quand on permet à des idéologies totalitaires de pénétrer l’espace républicain. »(Georges Bensoussan)<br />
Aussi, il nous incombe, au nom des principes universalistes dont nous nous réclamons, de combattre toutes les dérives communautaristes, les violences,  les atteintes à la laïcité, aux libertés, à la dignité, comme à toutes les valeurs qui fondent notre république, avant qu’il ne soit trop tard. En particulier, quand on assiste,  chez certains jeunes, dans notre pays, au développement d’une haine antisémite qui reprend les préjugés anciens et qui se traduit par des actes très violents.<br />
 Je voudrais terminer en citant les paroles de l’historien Elie Barnavi (1) qui s’adressent aux générations actuelles : «  Il y a la civilisation et il y a la barbarie, et, entre les deux, il n’y a pas de dialogue possible…Il faudra vous armer de patience et de conviction, et tracer bravement la ligne de défense en deçà de laquelle vous ne pourrez ni ne voudrez reculer…Il y va de la sauvegarde de vos valeurs, de vos libertés…Bref, de l’avenir de vos enfants. »</p>
<p>1) « Les religions meurtrières », d’Elie Barnavi. Editions Flammarion.<br />
Mars 2008</p>
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		<title>Discours d&#8217;Eliane Klein à Pithiviers le 18 mai 2008</title>
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		<pubDate>Mon, 19 May 2008 09:01:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yadlayeled</dc:creator>
				<category><![CDATA[4- Discours]]></category>

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		<description><![CDATA[Une pensée pour les otages dans le monde, et, en particulier, Ingrid Bétancourt, prisonnière des Fark, Guilad Shalit, prisonnier du Hamas, et Ehud Goldwasser et Eldad Reguev, prisonniers du Hezbollah (dont on ne sait pas s’ils sont encore vivants).
Nous vivons dans un monde où l’instant est privilégié au détriment de la durée, où un évènement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Une pensée pour les otages dans le monde, et, en particulier, Ingrid Bétancourt, prisonnière des Fark, Guilad Shalit, prisonnier du Hamas, et Ehud Goldwasser et Eldad Reguev, prisonniers du Hezbollah (dont on ne sait pas s’ils sont encore vivants).</p>
<p>Nous vivons dans un monde où l’instant est privilégié au détriment de la durée, où un évènement chasse l’autre, où des images d’une violence inouïe banalisent la barbarie, un monde du spectacle favorisant l’oubli des évènements passés, leur méconnaissance et l’absence de réflexion. Pire, dans un monde ayant tendance à relativiser les valeurs, un monde où le relativisme historique présente la Shoah comme un massacre parmi les autres, comme ceux que l’on regarde à la télé le soir en dînant et que l’on s’empresse d’oublier.</p>
<p>Or, si nous sommes ici, à Pithiviers,  c’est que face à cette propension à oublier, face à l’indifférence, à la négation, face à ceux qui veulent « tourner la page », nous sommes animés par le sentiment d’une dette à l’égard de tous ceux qui ont disparu, sans sépulture, nous sommes animés par la volonté de connaître et de transmettre ce qui fut. Car ce qui s’est accompli ici, était le début d’un meurtre de masse sans précédent dans l’histoire de l’Humanité &#8211; la Shoah- l’anéantissement programmé d’un Peuple, d’une langue, d’une culture, et cela dans le silence des Nations, avec la complicité active du régime de Vichy.</p>
<p>Pour connaître et transmettre cette Histoire, il nous faut prendre le temps de l’écoute,  de la lecture et de la réflexion : Ecouter la parole des survivants  est fondamental car « qui répondrait en ce monde à la terrible obstination du crime, si ce n’est la terrible obstination du témoignage ? » (Albert Camus)</p>
<p>Il nous faut faire l’effort de lire les chroniques, les récits, les poèmes,  écrits pendant et après la Shoah, dans le souci  obsédant des victimes de témoigner face à l’obsession des assassins d’effacer les traces de leurs crimes.</p>
<p>La voix des témoins –survivants s’affaiblissant, le rôle de l’historien est primordial aujourd’hui dans notre quête de sens. Son travail s’oppose à la tendance à l’oubli, car «  en écrivant le passé, il met des mots là où jadis, le silence prévalait » (Georges Bensoussan). Il préserve le souvenir de la singularité de cette catastrophe, où contrairement aux massacres précédents, le projet démentiel fut d’aller chercher des Juifs aux quatre coins de l’Europe, les convoyer jusqu’au lieu de leur assassinat, et les réduire en cendres pour effacer toute trace du crime : la destruction des Juifs était un but en soi pour les nazis. Le récit historique nous fait appréhender cette terrible vérité : la barbarie a coexisté avec le progrès technique dans l’une des nations les plus civilisées de l’Europe du XXème siècle.</p>
<p>Une tâche difficile incombe à l’Ecole, aux enseignants : comment évoquer l’horreur absolue sans traumatiser ni culpabiliser les élèves, mais en leur donnant des clés pour déchiffrer le passé et engager l’avenir,  sans céder à un discours moralisateur. Ceci m’amène à la question de l’enseignement de la Shoah en CM2,  au programme depuis 2002. Deux institutions dont je suis proche ont mis en œuvre un travail de Mémoire et d’Histoire  exigeant et rigoureux :<strong> l’association Yad Layeled France</strong> a conçu des outils pédagogiques à l’intention des enseignants et des élèves de CM2 et des collèges, et, en particulier une <strong>mallette pédagogique</strong>, ayant pour principe de se situer dans une démarche historique. Cette approche de l’enseignement de l’Histoire passe par le récit de destins d’enfants, soit survivants, soit assassinés. Le but étant d’aller de l’individuel vers l’universel. Il s’agit de susciter le questionnement et la curiosité des élèves et de les inciter à réfléchir sur l’antisémitisme et le racisme, phénomènes d’essence, de nature différentes,  mais qui peuvent mener au pire quant ils sont instrumentalisés par des idéologies totalitaires.</p>
<p>Dans notre région, le CERCIL accomplit un travail exemplaire de recherche, d’histoire, de mémoire : recueil de témoignages,  conférences, expositions, tables rondes, « parrainages »  de films, de pièces de théâtre et publications d’ouvrages remarquables. A ce sujet, suivant en cela le chemin tracé par Serge Klarsfeld, dans <em>Georgy</em>, les derniers livres, véritables œuvres d’art, nourrissent notre imaginaire, notre connaissance et notre réflexion.</p>
<p>Le travail d’Histoire que je viens d’évoquer est une nécessité absolue pour éclairer notre présent. Et, en particulier à l’heure où nous assistons au développement d’une violence sauvage sur une grande partie de notre planète. Par exemple,  « la haine raciste et antisémite qui tisse sa toile en toute quiétude sur le net », par exemple, les atteintes aux libertés fondamentales et à la  dignité des êtres humains, attentats, prises d’otages, massacres, etc. Je n’en ferai pas la liste ici. Mais, comme l’a écrit Jean Cayrol « il faut entendre, qu’autour de nous, on crie sans fin ».</p>
<p>Je voudrais terminer en évoquant les graves dysfonctionnements de la Commission des droits de l’Homme de l’ONU. </p>
<p>A Durban, Afrique du Sud, en 2001, au cours d’une conférence mondiale sous l’égide des Nations-Unies, les slogans de « Mort à Israël », « un Juif, une balle » furent scandés dans une indifférence quasi générale. Verra-t-on, en 2009, les mêmes dérives disqualifiant  cette Organisation fondée au lendemain de la 2ème Guerre mondiale ? Tout porte à le croire, puisque, sous l’emprise d’une majorité automatique, « les textes négociés et la terminologie utilisée anéantissent la liberté d’expression, légitiment l’oppression des femmes et stigmatisent les démocraties occidentales » (Le Monde, 27/02/08).</p>
<p>Face à toutes ces dérives, nous espérons que toutes les démocraties, et notre pays, en particulier, auront la volonté de résister et de promouvoir les valeurs universelles que nous nous glorifions de défendre</p>
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